Le regard
Le regard peut abîmer.
Le regard peut réparer.
Et ce qui me semble important, c’est que cela ne dépend pas uniquement du regard que les autres posent sur nous.
Cela dépend aussi du regard que nous apprenons à poser sur nous-mêmes.
Il y a quelque chose de vivant dans cet apprentissage : une sorte de danse de réactualisation de l’image de soi ; un aller-retour continuel entre l’extérieur et l’intérieur.
Nous nous construisons dans le regard.
Dans celui des proches, des groupes auxquels nous appartenons, des relations qui nous traversent et laissent des traces. L’image que nous avons de nous mêmes dépend de chaque couche qu’une relation dépose sur notre propre regard sur nous et aussi du poids que nous lui donnons.
C’est aussi comme cela que certains regards enferment.
Et d’autres nous ouvrent à la vie et des possibles.
Je repense souvent à la manière dont Michael White regardait les personnes qu’il accompagnait.
Il y avait chez lui une forme d’attention suffisamment sincère et présente pour permettre qu’une autre histoire puisse apparaître. Une autre lecture de la situation, pas saturée d'u problème. Et à travers cela, une autre manière de se percevoir soi-même.
D'où l'importance de s'entourer des personnes dont le regard nous élève ou nous porte, contribue à ce qu'on se sente en joie, “capable” ou agissant, quelqu’un qui a de la valeur.
Mais avec le temps, je crois que quelque chose d’autre devient essentiel : développer son propre regard sur soi.
Cela demande d’un côté de la lucidité.
Apprendre à connaître son histoire, ses mouvements, ses limites, ses contradictions.
Rester curieux aussi, suffisamment ouvert pour continuer à déplacer certaines certitudes.
Et en même temps, garder précieusement son droit de regard sur soi-même.
Comme un joyau que l’on travaille au fil du temps.
Une forme d’orfèvrerie intérieure : lente, imparfaite, vivante.
On peut recevoir des regards extérieurs, écouter des conseils, être touché par certaines rencontres.
Mais la décision de ce que l’on choisit d’en faire, nous appartient.
C’est peut-être là que se trouve une part importante de notre puissance personnelle : dans cette manière de ciseler peu à peu son propre regard, au fil d’une vie.
Un équilibre vivant entre ce que les relations nous apportent, et ce que nous décidons de reconnaître comme vrai pour nous.
Ce texte touche à quelque chose qui m’accompagne depuis longtemps :
la manière dont certaines expériences, certaines questions, certaines relations ou pratiques peuvent peu à peu transformer le regard que l’on porte sur soi
C’est dans cet esprit qu’est né le Jardin du vivant en soi…
Au fil du temps, Cultiver le vivant en soi a évolué.
Au départ, il y avait surtout des textes : des réflexions, des fragments de nature, de littérature, des questions autour des relations et de l’approche narrative. Mais peu à peu, une autre envie est apparue : faire de cet espace non plus seulement un lieu de lecture, mais un lieu vivant où quelque chose puisse aussi se traverser, s’expérimenter.
C’est de là qu’est née l’idée du Jardin du vivant en soi :
Un espace plus engagé, pour celles et ceux qui souhaitent cultiver ce qui est vivant en eux, non pas à travers une méthode ou une injonction à “travailler sur soi”, mais par des expériences simples, des attentions, des pratiques, des questions, des textes à laisser infuser dans le quotidien.
Concrètement, voici ce que vous y trouverez :
— chaque jeudi, un article, une réflexion ou un écrit plus approfondi
— chaque dimanche, une invitation : question (narrative), expérience, texte/poème, pratique ou piste d’exploration à laisser travailler pendant la semaine
— une rencontre en direct une fois par mois, autour d’un thème qui aura émergé en chemin
— un espace de discussion (chat) et des notes plus spontanées, pour partager observations, expériences, photos, poèmes, pensées ou traces du vivant rencontré au fil des jours
Il ne s’agit pas de faire plus, ni d’une injonction à devenir une “meilleure version de soi-même”.
Plutôt de créer un rythme, une attention, une manière d’habiter un peu plus consciemment les relations : à soi, aux autres et au vivant, à travers des expériences qui nourrissent ce qui cherche à vivre en nous.
Si cette manière de cultiver le vivant en soi par l’expérience vous parle, vous pouvez rejoindre le Jardin en vous abonnant.
Et sinon, nous continuerons à nous retrouver chaque mois à travers les publications ouvertes. La newsletter mensuelle reste ouverte à toutes et tous, pour continuer à suivre ce qui se tisse ici plus largement.
Il n’y aura pas de textes coupés par des paywalls ou d’accès verrouillés au milieu des publications : simplement deux façons d’habiter cet espace Le vivant en soi.
Rejoindre cet espace, c’est aussi donner une place, dans le quotidien, à des formes d’attention, de présence et de relation qui demandent du temps pour se cultiver et qui ont tendance à se perdre facilement dans notre quotidien souvent trop chargé.



Oh, quelle magnifique idée que ce Jardin du vivant en soi, Gabriella, je serai heureuse d’y contribuer 😍😘